06/09/2010

La francophonie, les Alliances et le Français Langue Etrangère (FLE) : un trait d’union du Français en Afrique du sud


Arthur Ngoie Mukenge & François Hebu Sumbula


 
    Au lendemain des élections démocratiques de 1994 en Afrique du sud, des changements dans la conception du système d’enseignement s’imposent. Sous le coup de force du concept de transformation, l’enseignement secondaire et universitaire trouve un regain de force. Cette transformation implique l’adaptation des programmes d’enseignement aux réalités locales, nationales et régionales en lui gardant un caractère universel.
 
Au-delà de l’usage de l’Anglais ou de l’Afrikaans comme langues d’instruction dans les écoles et universités, l’enseignement des langues étrangères fut sujet d’un débat à cause : primo du conflit entre les besoins de l’utilisation des langues indigènes et l’enseignement des langues étrangères qui ne sont pas d’usage courant dans le pays ; secundo, la pression financière exigeant que soient repensées les priorités dans l’enseignement universitaire.
 
Il a paru bien utile de justifier la place d’une langue étrangère telle que le français au niveau secondaire et universitaire, son importance dans le domaine de la vie politique, économique et scientifique d’un pays doté déjà de onze langues officielles. C’est ainsi que, entre autres facteurs militant et justifiant le maintien de l’enseignement du français en Afrique du Sud, nous énumérons : la rentrée de l’Afrique du Sud sur la scène internationale après que la cloche de l’Apartheid a sonné le glas, la participation même passive de ce pays aux différentes réunions de la francophonie, la grande attention dont le pays fait l’objet à travers le monde, l’engouement manifesté par les Sud-Africains à l’apprentissage du français comme le démontre l’éclosion dans les grandes villes des centres d’apprentissage de l’Alliance française, le nouveau rôle que l’Afrique du sud est appelée à jouer dans un continent où plus de la moitié des pays « flirtent » avec la Francophonie, étant francophones dès l’origine.
De là vient le fait que le rôle des Alliances dans l’apprentissage du français, le comportement et l’objectif du Français Langue Etrangère (FLE), la manière d’adapter ces enseignements aux nouvelles donnes d’une société en pleine mutation, méritent bien d’être passés au crible de l’analyse.     
 
 
LE FRANÇAIS LANGUE ETRANGERE (FLE)
 
Le Français Langue Etrangère (le FLE), est le français parlé ou enseigné dans un pays où il n’a pas de statut social ; c'est-à-dire où il n’est pas une langue officiellement reconnue en tant que telle. Cette définition est a priori approuvée par Heuze V. et Delbende  JC ; cependant ceux-ci ajoutent a fortiori pour la rendre harmonieusement complète : « il (le FLE) est aussi une langue qui ne connaît pas de variations linguistiques, pas d'accent ni de caractéristiques régionales ; du point de vue didactique, le Français Langue Etrangère est appris dans un cadre institutionnel, est enseigné comme matière ». (Heuze et Delbende, 1992 : 31)
Ainsi, le Français Langue Etrangère, en tant que discipline d'enseignement, s'entend sous deux acceptions :
- l'enseignement de la langue française à des non francophones (cas de l’Afrique du sud), dans le cadre de l'enseignement scolaire, de l'enseignement supérieur ou dans des établissements spécifiques (enseignement complémentaire ou formation continue), dans des pays francophones ou non.
- la formation des personnels spécialistes de cette activité et le développement de la didactique du français langue étrangère.  
Assurément à l’analyse de ce qui précède, nous dirons que le Français Langue Etrangère (FLE) comporte un inconvénient majeur, à savoir il est pris pour une matière comme les mathématiques. Par conséquent, il n’a pas d’influence prépondérante sur l’apprenant car son cadre se limite à celui de la classe. En dehors de cela, son existence se bute douloureusement au rempart des autres langues officielles. Ici en Afrique du Sud, il affronte onze langues nationales ayant déjà pignon sur rue. En effet pour l’apprenant Sud-Africain le français est une Second Additional Language (deuxième langue additionnelle) au même titre que le Zulu, l’Afrikaans et l’Anglais. Pris dans cet étau, nos apprenants parviennent à s’en sortir grâce à  l’avantage qu’offrent certaines méthodes d’apprentissage, dont l’Outcome-based education (OBE), jouant un rôle de catalyseur (dans la didactique du Français Langue Etrangère (FLE)) en convergeant toutes les activités sur l’apprenant.
 
 
OBJECTIFS DU FRANÇAIS LANGUE ETRANGERE (FLE)
 
Les objectifs du Français Langue Etrangère (FLE) en Afrique du sud s’échelonnent de la manière que voici :
 
 
L’OUVERTURE A LA DIVERSITE CULTURELLE   
Le FLE souhaite contribuer à faire connaître la langue française et les cultures francophones mais aussi participer à la découverte de la diversité culturelle et linguistique du monde. Pour atteindre cet objectif, le linguiste Rosier préconise une dimension didactique purement livresque : « il faut que les nouveaux savoirs puissent être didactisés, c’est-à-dire finalisés, modélisés en leçons et exercices standards. » (Rosier, 2002 : 13). Ceci revient à dire que les livres de propagande culturelle sont aussi d’un appui considérable. Cela se fait pour  poursuivre une expansion du FLE dans un cadre non plus régional, national ni européen mais mondial. Cet objectif est réalisé dans les participations massives à l’occasion des réunions d’évaluation de l’expansion du FLE, à travers la Francophonie ou les Instituts de France dans les pays non francophones. D’une pédagogie expérimentale à une autre, le FLE suscite un engouement en vue d’une interaction culturelle dans le petit monde des apprenants.
 
 
L’OUVERTURE AUX DONNEES TECHNOLOGIQUES  
Comme pour étayer le premier, dans ce deuxième objectif, l’ouverture aux données technologiques, transparaît dans la réalisation d'ensembles pédagogiques grâce à certaines facilités comme l’Internet. L’arrivée de l’Internet a profondément allégé les conditions de dispensation du FLE, bénéficiant souvent du concours des institutions françaises via les Alliances. Les grands bénéficiaires de cette didactique engageante demeurent surtout les écoles secondaires qui en font un usage pratique. Les résultats se lisent chez les apprenants au fil du travail. Ainsi, une rubrique « FLE » : Francophonie et International a été créée dans le site de la francophonie. 
 
 
L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES APPRENANTS
Au-delà des objectifs ci-dessus, les partisans du FLE se servent constamment de ce fil conducteur : la maîtrise de la langue française. Les demandes extérieures se multipliant, l’apprentissage d’une langue plus utilitaire, plus proche de l’emploi concret et donc plus éloignée des grands auteurs devient impératif. C’est ici que l’on pourrait expliquer la place du français dans le monde professionnel, le rôle du plurilinguisme et le respect de la diversité linguistique.
 
 
LA DYNAMIQUE  POUR LE MAINTIEN DE LA PLACE DU FLE
Le FLE a continué à centrer un de ses objectifs sur les deux enjeux majeurs actuellement pour une langue : le maintien du plurilinguisme (le français à côté d’autres langues), et le dynamisme d’une société plurilingue où évolue le FLE ; d’où le lancement des actions dynamiques et innovantes pour renforcer l'emploi du français dans une bien large partie de la planète (par les méthodes FLE) à côté des autres langues. La grande mutation des francophones dans le monde a permis aux pédagogues du FLE de rectifier ou mieux redynamiser les objectifs ou visions pour permettre aux francophones et aux autres de faire une jonction linguistique sans heurts. C’est dans cette envolée que les chargés de mission de la France participe aux réseaux de coopération multilatérale dans le secteur de compétence linguistique, pour revigorer le FLE dans un monde multilingue.   
 
Afin de mener à bon port les objectifs ci-dessus, la Francophonie instrument chapeautant le FLE (leurs rapports sont toujours étroits) n’a jamais laissé pour compte le domaine politique. C’est ainsi que le Sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement des pays ayant le Français en partage, de Hanoï (en novembre 1997), déterminé de parvenir aux objectifs énumérés ci-dessus, décide la réorganisation d’une branche politico-linguistique : l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Celle-ci, devenue Agence intergouvernementale de la Francophonie, partant, un autre canal d’arrosage du FLE, a créé en son sein une direction des langues et de l'écrit. De même le VIIIe Sommet de la Francophonie, qui s’est tenu à Moncton du 3 au 5 septembre 1999, a permis aux instances francophones d’insister sur les objectifs à atteindre grâce aux actions mises en œuvre dans le cadre du plan d’urgence et de renforcer leur soutien à la promotion du français dans les nouvelles technologies à travers le FLE. C’est sur ces entrefaites que s’annoncent plusieurs initiatives pour la promotion et le maintien du FLE destinés à l’enseignement. 
 
Pour la petite histoire, dix mots ont été aléatoirement choisis pour fédérer les initiatives : rêve, multicolore, cité, transparence, toile, ambigu, temps, pays, ribambelle, secret. Le choix a été opéré par un comité de pilotage mis en place par le « tandem » Francophonie-FLE et qui comprend, outre le service des affaires francophones du ministère des affaires étrangères, le département de l'information et de la communication du ministère de la culture et le service d'information du gouvernement, des éditeurs, des écrivains, des journalistes, des linguistes français ou francophones.
 
Grâce à toutes ces initiatives, le FLE est en passe de devenir une plate-forme d’échange où tous les acteurs du Français Langue Etrangère sont invités à partager expériences et ressources pédagogiques. Il n’est ni l’apanage exclusif ni le domaine réservé des seuls apprenants et formateurs d’un même secteur ou d’une place déterminée. C’est là, semble-t-il, que se fondent tous les espoirs de la redynamisation du FLE. Cette redynamisation s’opère avec la complicité des dispositifs audiovisuels extérieurs, les « industries culturelles ». C’est là sans aucun doute qu’il faut « mettre la gomme » sur le FLE du ghetto. C’est grâce à cette haute technologie, nous dit-on, que « le FLE sera subversif, imaginatif » et réalisera l’ensemble des objectifs ci-dessus.
 
 
LE ROLE DES ALLIANCES
 
L’importance du FLE se manifeste, d’après les statistiques du Haut Conseil de la Francophonie 2005 (Journal de la Francophonie, n°42, octobre - décembre 2005), en 1200 Alliances françaises, plus de 250 000 enseignants à travers le monde et plus d’un million d’apprenants. Trente Alliances françaises sont disséminées en Afrique du Sud. L’Institut Français de Johannesburg et certaines écoles secondaires, voire des universités organisent des exhibitions et conférences. Aussi l’ambassade de France n’y va pas de main morte pour soutenir les actions visant à la promotion de la langue et de la culture françaises. Au-delà de tous ces échanges culturels et linguistiques, il y a des instituts de recherche scientifique et technique de France qui assurent le soutien. C’est dans cette même lancée que le président Mbeki a confirmé l’importance du français dans un pays africain comme l’Afrique du Sud. Il repartit : «  As South Africans we must speak French. I don’t believe you can be an African and not speak French. » (Propos recueillis à l’occasion du Time of the writer en 2004 à Durban).
 
Le français, en effet, est compté parmi les langues les plus parlées en Afrique. Et pour l’Afrique du sud, selon notre point de vue (comme dit plus haut), le grand retour du pays sur la scène internationale semble justifier l’ouverture à l’apprentissage du français. En effet, l’Afrique du Sud, malgré ses problèmes internes hérités en grande partie de l’époque de l’apartheid, reste l’économie la plus riche de l’Afrique et représente 24 % du PIB du continent et 40 % de celui de l’Afrique subsaharienne. La France n’est toutefois que son cinquième fournisseur, malgré la présence en Afrique du Sud de 70 filiales de sociétés françaises. Le président Mbeki, à l’occasion de sa visite en France, mi-novembre 2003, n’a pas caché qu’il souhaitait des investissements français accrus dans son pays, en particulier des petites et moyennes entreprises. 
 
Dans ce contexte, il a souhaité que la commission économique bilatérale joue un rôle plus actif pour identifier de nouvelles opportunités : « La France devient chaque jour un peu davantage l’un de nos principaux partenaires économiques internationaux. La coopération dans d’autres domaines progresse aussi, nous aidant en cela grandement dans notre combat pour éradiquer le legs de l’ancien système criminel de l’apartheid », a-t-il déclaré. (Discours à la réception dans l'Hémicycle de Monsieur Thabo MBEKI, Président de la République d'Afrique du Sud, 18/11/2003). 
 
Ironisant sur ceux qui prédisaient des rivalités entre les deux pays sur le sol africain, il a affirmé qu’au contraire, ils devaient travailler encore plus étroitement ensemble , y compris au niveau des entreprises, afin de relever les nombreux défis du NEPAD (Nouveau Partenariat de Développement pour l’Afrique).
 
L’on note la présence du français et le mouvement des investissements français en croissance dans le monde sud-africain. Les données chiffrées avancées par la Commission du commerce en Afrique du Sud montreraient qu’il y a plus de 100 entreprises françaises de toutes tailles à travers la gamme des activités économiques en Afrique du sud, employant plus de 16 000 Sud-Africains. Pour la France, ceci est une position stratégique à partir de laquelle elle espère prendre pied sur le continent africain et rétablir sa position d’influence en utilisant l’Afrique du Sud comme rampe de lancement. Pour accomplir cette mission d’expansion, surtout en Afrique francophone, les entreprises françaises auront évidemment besoin de personnel sud-africain non seulement qualifié dans un domaine ou un autre du commerce et des affaires, mais pouvant aussi manier la langue française convenablement sur le marché où ils représenteront leurs entreprises. Aucun marchand digne de ce nom ne s’attendrait à ce que les clients locaux puissent tous parler sa langue.
 
C’est dans ce sens que la transformation du système d’enseignement après la disparition de l’apartheid, vise principalement l’équité et le développement national. Elle implique l’adaptation des programmes d’enseignement aux réalités locales, nationales, régionales, en lui gardant un caractère universel. La question de l’utilisation de l’Anglais ou de l’Afrikaans comme langue d’instruction fait l’objet d’un débat houleux. En outre, après les élections démocratiques dues au vent de reforme, le français était en passe d’être écarté des écoles sud africaines. Son salut dans ce pays est dû à une enquête menée dans les écoles sur place.  Cette enquête  commence  début 1995 suite à la chute des effectifs des apprenants inscrits qui étaient à leur plus bas niveau qui conduisit le ministère de l’éducation à recommander aux autorités de quelques institutions de fermer les départements de français. La suite des événements prouvera que la décision s’était révélée peu sage et précipitée.
 
Assurément, depuis leur création, les départements de français dans certaines institutions sud-africaines avaient fonctionné grâce à une aide financière du Ministère Français de la coopération couvrant le salaire de quelques coopérants français sous contrat. Ce contrat venu à terme, le gouvernement français décide de remettre la responsabilité aux Sud-Africains. Les institutions devaient ainsi créer des postes en puisant dans leurs ressources. La mission des premières recrues a été surtout de « réorganiser d’urgence le programme d’enseignement pour le rendre plus attrayant et de l’adapter aux besoins  ». Pour ce faire, il a été décidé par le ministère français de la coopération de la période de 1995, d’obtenir des données sur l’état des études françaises dans les institutions sud-africaines. Aussi la machine linguistique du français s’actionne-t-elle.      
 
Pour nous, il est vrai que l’importance des alliances françaises en Afrique du sud est étroitement liée à leur rôle de premier plan sur l’échiquier linguistique. Bernard Gardin, Françoise Lorant, Beatrice Cahour sont revenus sur leur institutionnalisation, sur leur importance  en montrant comment l’augmentation des postes mis au concours dans le monde sans distinction de pays et l'augmentation parallèle du nombre des apprenants inscrits dans les cursus du français, avaient, de fait, modifié le regard que les linguistes posaient sur le français (FLE). Mais surtout, le français, du moins le FLE, confirme son appartenance de plein droit en tant que didactique des langues aux sciences du langage. (Gardin, Lorant, Cahour, 1999 : 33)
 
Bien entendu, les points de vue de ces éminents linguistes suffisent à eux seuls pour démontrer l’ascension orageuse du français dans le domaine linguistique. Et pour fixer du regard le bon fonctionnement du FLE en Afrique du sud et aussi ailleurs, retenons que les Alliances et les Instituts français ont pour rôle de contrecarrer les missions religieuses des siècles passés alors très actives dans la diffusion de la langue française. Oui, ce rôle est dévolu aux Alliances vu leur statut et leur contrat local dans les pays cibles : elles prennent juridiquement la nationalité des pays qui les accueillent. Leurs actions sont coordonnées à Paris et depuis Paris, des « tentacules » naissent pour alimenter le monde entier. L’enjeu linguistique étant de taille, le rôle des Alliances est d’autant plus grand qu’elles conservent celui de rapprochement des nations. Grâce à l’impulsion de la Francophonie, le FLE est en train de devenir en Afrique du Sud et ailleurs dans la partie australe, une langue de diplomatie, une langue de lumière que d’ailleurs Senghor qualifiait de « langue des dieux » dans Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache. Le français ou du moins son enseignement visait une élite essentiellement distinctive et était donc selon Louis Porcher une langue de « consommation ostentatoire » c’est-à-dire purement et simplement, une langue jouant un rôle de différenciation sociale, une langue sélective. Au fil des jours et des années, la diffusion du FLE prend de bonnes proportions. L’extrême désir de communication en français fait que le FLE présente à ses apprenants une gamme de dialogues situationnels inspirés de la vie de tous les jours. Ces textes sont utiles aux apprenants dans les étapes premières de leur apprentissage du français car, ils y trouveront beaucoup d'expressions familières et d’actes de discours fréquemment utilisés par les français dans la conversation ordinaire. Les apprenants doivent en profiter. Par ailleurs, voulant éclairer la lanterne, dans son livre Interrogations sur les besoins langagiers en contexte scolaire, Louis Porcher  claironne : « De nos jours, pour bien appréhender le rôle du FLE, disons qu’il ouvre la voie à toutes les méthodes constructives d'actes de parole, une politique de porte ouverte et de privilège, et ce à juste titre pour « jeter l’hameçon » aux apprenants toutes catégories confondues. Il ne s'agit plus d'apprendre le français mais plutôt d'enseigner à communiquer en français, d'identifier des besoins langagiers pour mettre en place un enseignement plus fonctionnel du FLE.  (Porcher, 2000 : 19) 
 
L’enseignement fonctionnel du FLE au regard de l’importance (du FLE) est en constante extension. Donc, retenons surtout que le rôle du FLE en Afrique du sud se caractérise depuis quelques années plus par sa fonction que par autre chose. La multiplicité des  matériels pédagogiques, les innovations des matériels didactiques ont résolument rendu la tâche aisée à l’apprenant en ce qui concerne l’acquisition de savoirs et savoir-faire (dans le domaine du FLE). De fait, les pédagogues du FLE ne se lasseront pas d’émettre des réflexions sur les principes fondamentaux des méthodes et méthodologies dans la visée d’impliquer totalement l’apprenant dans le jeu fonctionnel du FLE.
 
 
CONCLUSION
 
Il est vrai que l’Afrique du sud n’a pas de frontière avec les pays francophones. Cependant étant un pays africain, il ne peut pas ne pas tenir compte de la présence, de la forte présence et de l’usage répandu du français ou d’ignorer le poids des pays francophones sur le continent. En effet, près de la moitié des pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), plus précisément 21 des 51 pays, ont pour langue officielle (ou langue officielle prédominante) le français. Il serait peu sage pour tout pays non francophone de ne pas tenir compte de ce fait, comme il le serait pour tout autre pays d’ignorer la présence de l’Anglais et des pays anglophones sur le continent. D’où le FLE, qui, en élisant un autre domicile en Afrique du sud, n’a fait que soutenir et multiplier son rôle (le rôle du français) ; et d’où son importance dans un pays à mille et une facette linguistique.
 
 
Arthur Ngoie Mukenge & Sumbula Hebu François
 
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
Delbende, Jean-Christophe ; Heuze, Vincent, Méthodes de FLE et manuels pédagogiques, Paris, Hachette, 1992.
 
Gallisson, Robert, De la langue à la culture par les mots, Paris, CLE International, 1991.
 
Gallison, Robert, Lignes de force du renouveau actuel en didactique des langues  étrangères, Paris, CLE  International, 1980.
 
Gardin, Bernard, Lorant, Françoise, Cahour, Béatrice, Théorie Communicative, Rouen, La Boussole,  1999.
 
Porcher, Louis, L’enseignement des langues étrangères, Paris, Hachette-Education, 2000.
 
Rosier, Jean Maurice, La didactique du francais, Paris, PUF, 2002.
 
Journal de la Francophonie, n°42, octobre-décembre 2005.
 

09/10/2006



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